Budget IT 2027 : les 7 postes à revoir avant de signer
3 novembre 2026
La préparation budgétaire ressemble souvent à un copier-coller : on reprend la ligne de l’an dernier, on applique une hausse forfaitaire, on passe au poste suivant.
Pour l’informatique, l’exercice ne fonctionne plus. Trop de choses ont bougé en 2026, et plusieurs échéances tombent en janvier 2027.
Voici les sept postes à ouvrir avant de signer votre budget. Aucun ne demande de compétence technique : ce sont des questions de contrat, de dates et de volumes.
1. Les licences logicielles
C’est là que se concentrent les plus fortes hausses. Microsoft a annoncé des augmentations allant jusqu’à 25 % sur ses abonnements entreprises pour 2026. Côté virtualisation, les clients VMware constatent des renouvellements majorés de 150 % à 1 200 % depuis le rachat par Broadcom.
La question à poser : quelle est la date exacte de nos prochains renouvellements, et avons-nous chiffré l’hypothèse haute ?
Un renouvellement VMware en cours d’exercice peut faire dérailler un budget voté en décembre. Mieux vaut provisionner que découvrir.
2. Les licences que personne n’utilise
Le poste le plus simple à réduire, et le plus souvent oublié. Comptes de collaborateurs partis, abonnements d’un projet terminé, doublons entre deux outils qui font la même chose.
La question à poser : combien de licences payons-nous, et combien se sont connectées ce mois-ci ?
L’écart entre les deux chiffres est une économie immédiate, sans aucun impact sur l’activité.
3. Le dimensionnement de l’infrastructure
Le prix de la mémoire a été multiplié par plus de six en un an. Une marge de sécurité qui ne coûtait presque rien en 2020 pèse aujourd’hui lourdement sur la facture.
La question à poser : quel pourcentage de nos ressources est réellement utilisé en moyenne ?
Un serveur configuré avec 64 Go de mémoire qui en consomme 12 en permanence représente une économie récurrente, sans risque pour la production.
À retenir
Les trois premiers postes se traitent sans migration, sans projet et sans interruption. Ils produisent des effets dès le premier trimestre.
4. Le stockage et les durées de conservation
Le volume de données ne baisse jamais tout seul. Et toutes les données n’ont pas besoin du même niveau de service : des archives consultées une fois par an n’ont rien à faire sur le stockage le plus rapide.
La question à poser : combien de temps conservons-nous nos sauvegardes, et qui a pris cette décision ?
Beaucoup d’entreprises conservent sept ans d’historique quotidien par défaut, sans que ce choix ait jamais été arbitré ni rattaché à une obligation réelle.
5. Les dates de renouvellement
La tacite reconduction est le meilleur allié de vos fournisseurs. Un préavis manqué de quinze jours, et vous repartez pour douze mois au tarif qu’ils ont fixé.
La question à poser : avons-nous un tableau des échéances contractuelles, avec les dates limites de préavis ?
Un élément nouveau renforce votre position : à compter du 12 janvier 2027, les frais de changement de fournisseur cloud disparaissent complètement. L’obstacle financier à une migration tombe, ce qui change l’équilibre de toute renégociation. Vous n’êtes pas obligé de partir pour en tirer parti.
6. Les échéances techniques déjà connues
Certaines dépenses de 2027 sont déjà certaines. Autant les budgéter maintenant plutôt que de les subir en cours d’exercice.
Deux échéances à vérifier en priorité : Windows Server 2016 perd son support le 12 janvier 2027, et Windows Server 2012 R2 n’en a plus du tout depuis le 13 octobre dernier. Les machines concernées devront être migrées, ou couvertes par des mises à jour payantes.
La question à poser : quelles machines arrivent en fin de support en 2027, et combien coûte chaque option ?
Une migration planifiée coûte toujours moins cher qu’une migration d’urgence après un incident.
7. La cyber-assurance et ses conditions
C’est le poste le plus récent, et celui qui surprend le plus. Les assureurs conditionnent désormais leur couverture à des mesures précises : double vérification à la connexion, sauvegardes isolées, parfois un test de restauration documenté.
La question à poser : quelles mesures notre contrat exige-t-il, et pouvons-nous prouver que nous les appliquons ?
Une déclaration inexacte sur ce point se découvre au pire moment : celui du sinistre.
Les trois erreurs classiques de la saison budgétaire
- Appliquer une hausse forfaitaire à toutes les lignes. Certains postes augmentent de 5 %, d’autres doublent. Une moyenne vous expose des deux côtés.
- Couper les sauvegardes et la supervision. Ce sont les lignes les plus faciles à réduire, et les plus coûteuses à l’arrivée. Une journée d’arrêt dépasse largement l’économie réalisée.
- Décider sans les chiffres d’usage. Arbitrer sans savoir ce qui est réellement consommé, c’est couper au hasard.
À retenir
L’objectif n’est pas de dépenser moins, mais de savoir pourquoi vous dépensez. Un budget documenté se défend ; un budget reconduit se subit.
Les chiffres à demander avant de signer
Pour instruire ces sept postes, cinq données suffisent. Votre prestataire doit pouvoir vous les fournir sans difficulté :
- Le taux d’utilisation moyen de vos ressources sur les douze derniers mois
- La liste des machines, avec leur rôle et leur propriétaire
- Le volume de stockage par catégorie et la durée de conservation appliquée
- Le calendrier des échéances contractuelles et des fins de support
- Le détail de ce que recouvre chaque ligne de facture
Un prestataire qui met trois semaines à produire ces éléments vous renseigne déjà sur la suite.
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Sources : Microsoft (cycle de vie Windows Server, évolutions tarifaires), OVHcloud, règlement européen sur les données. Les conditions de cyber-assurance varient selon les contrats : rapprochez-vous de votre courtier.